20
janvier 2020

Marseille : Arlette Fructus claque la porte et se lâche

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En première ligne depuis quinze mois sur le dossier de l’habitat dégradé à Marseille, Arlette Fructus, qui était depuis 2008 adjointe déléguée au logement de la ville, a remis sa délégation au maire (LR) Jean-Claude Gaudin, le 6 janvier. Dans un courrier cinglant que nous avons pu consulter, l’élue (MRSL) tacle sévèrement l’inertie de la municipalité dans la gestion de ce drame de l’habitat indigne. "Mon engagement dans la gestion de la crise consécutive au 5 novembre 2018 a été total. Le sort des personnes évacuées a été ma seule préoccupation et je me suis totalement investie dans l’élaboration de la charte du relogement des personnes évacuées", souligne-t-elle. Malheureusement, elle "constate que les moyens attendus pour la mise en œuvre de ce dispositif mis en place en juin 2019 ne sont pas mobilisés par la Ville".

L’élue dénonce "une situation devenue aujourd’hui intenable". Et de se lancer dans un réquisitoire contre le maire, qui s’apprête à quitter la scène politique après quatre mandats à l’hôtel de ville : "je ne peux plus accepter d’être la seule élue à participer aux réunions sur ce sujet en préfecture ou en mairie, je ne peux plus accepter que vous me laissiez endosser des charges qui relèvent d’autres délégations ou responsabilités que la mienne, je ne peux plus accepter d’être associée à une délégation au logement qui a été vidée de toute sa substance depuis son transfert à la Métropole et qui ne dispose d’aucun moyen humain ou logistique, je ne peux plus accepter que vous n’ayez pas usé de votre autorité pour faire respecter les engagements pris par la Ville envers les signataires de la charte pour les personnes évacuées".

Depuis le drame du 5 novembre 2018, Arlette Fructus a joué le rôle de fusible. Lâchée par Renaud Muselier, président (LR) de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, qui lui avait retiré sa délégation à l’habitat à la Région au lendemain de l’effondrement des immeubles de la rue d’Aubagne, notamment, l’élue radicale a eu le sentiment de porter un chapeau un peu large. Le paradoxe dans cette période tourmentée aura été de voir le maire, principal responsable de l’incurie politique, s’appuyer sur elle, l’envoyant au front dans la gestion de l’urgence. Surexposée, accusée, politiquement affaiblie, Arlette Fructus a finalement décidé de jeter l’éponge. 

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