Horizon 2050

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Ils pensent tous à l’après sans avoir toutes les cartes en main, "quitte à tomber dans la schi­zo­phré­nie", admet Eric Donnet, direc­teur géné­ral de Grou­pama Immo­bi­lier. "Actuel­le­ment, le monde va trop vite pour l’im­mo­bi­lier, dont le temps de gesta­tion est problé­ma­tique". Imagi­ner les quar­tiers d’af­faires de demain - un des thèmes abor­dés au cours de la première édition du Global Cities Makers Forum à la CCI de Paris Ile-de-France, mi-février - revient à avan­cer en plein "brouillard". "Prenons l’exemple de l’im­meuble Window, à La Défense", ajoute Eric Donnet. "Nous n’avons conservé que sa struc­ture alors que l’ac­tif a été créé en 1982. Aujourd’­hui, il faut penser le produit pour 2050". Sans mettre de côté la "perfor­mance" et la "renta­bi­lité à long terme", témoigne Karim Habra, direc­teur géné­ral Europe d’Ivan­hoé Cambridge, qui voit bien au-delà de l’im­meuble en lui-même. "La vie ne s’ar­rête pas à la porte d’en­trée de l’ac­tif". Ou inver­se­ment. Redon­ner de l’ho­ri­zon­ta­lité à ces quar­tiers verti­caux est donc un objec­tif, "via le déve­lop­pe­ment de lieux de vie hybrides", témoigne Marie-Célie Guillaume, direc­trice géné­rale de Paris La Défense. "Quand nous ne parle­rons plus de quar­tiers d’af­faires mais de quar­tiers mixtes, nous aurons gagné notre pari", commente Karim Habra. Le modèle n’est donc pas mort. Il est à réin­ven­ter. Eric Donnet en convient : "ces quar­tiers d’af­faires se doivent d’être ratta­chés à la ville, compo­sés d’im­meubles singu­liers et recon­ver­tibles, qui coûte­ront forcé­ment plus cher à la construc­tion. Mais c’est le prix de l’agi­lité".