Un vide à combler

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Quatre ans après sa créa­tion, le loge­ment loca­tif inter­mé­diaire (LLI) a-t-il comblé le vide laissé par la vente du patri­moine des inves­tis­seurs insti­tu­tion­nels (banques, assu­rances, foncières), qui propo­saient aux classes moyennes et aux familles une offre adap­tée dans le cœur de l’ag­glo­mé­ra­tion ? Par cette ques­tion, l’Ins­ti­tut d’amé­na­ge­ment et d’ur­ba­nisme d’Ile-de-France s’in­ter­roge sur l’ef­fi­ca­cité de ce produit qui connaït une montée en puis­sance, avec près de 15 500 loge­ments agréés entre 2014 et 2018. "A l’heure où l’on déplore l’éro­sion du parc loca­tif privé qui joue un rôle d’ac­cueil essen­tiel pour les jeunes ménages (sala­riés, déco­ha­bi­tants) et les nouveaux arri­vants dans la région (un peu plus de 100 000 tous les ans), ce chiffre consti­tue une bonne nouvelle", explique l’IAU. Il permet "de dispo­ser d’un parc neuf et bien situé" et "la person­na­lité morale du proprié­taire bailleur met le loca­taire à l’abri d’une reprise anti­ci­pée du loge­ment". Néan­moins, centré sur les petites surfaces, le LLI ne répond qu’à un profil donné favo­ri­sant les périodes d’oc­cu­pa­tion courtes. "Cette typo­lo­gie ne rempla­cera donc pas la dispa­ri­tion du parc des inves­tis­seurs insti­tu­tion­nels, plus fami­lial". Autre­ment dit, répondre à la ques­tion du loge­ment des familles et des classes moyennes en Ile-de-France "passe néces­sai­re­ment par des solu­tions multi­formes, qui dépassent le seul produit LLI". Mais surtout, remarque l’IAU,  le parc de loge­ments inter­mé­diaires,  qui est voué à bascu­ler vers un autre statut (loca­tif privé ou acces­sion), "conti­nuera-t-il de jouer un rôle d’ac­cueil des classes moyennes ?".