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"Pourquoi sommes-nous moins bien lotis ?". Plaine Commune, Etablissement public territorial de Seine-Saint-Denis, déposera, courant mars, un recours contre l'Etat, auprès du tribunal administratif. Les élus, maires ou représentants des neuf communes du territoire ont reçu la presse le 6 février pour dénoncer "la rupture d'égalité républicaine", dont leurs administrés sont les premières victimes, et combattre l'idée reçue selon laquelle les quartiers populaires seraient arrosés d'argent public.
Trois ans après la signature du contrat de ville (2015-2020) - dont l'objectif vise à réduire de moitié les inégalités territoriales entre Plaine Commune et la région Ile-de-France -, le bilan "est extrêmement décevant", déplore Azzedine Taïbi, vice-président du territoire en charge de la politique de la ville.

Si les élus reconnaissent la nécessité de la politique de la ville et des contrats de ville, ils regrettent la persistance des écarts de traitement, voire leur aggravation. "Nous ne sommes pas traités de la même façon par rapport au reste de l'Hexagone", insiste Patrick Braouezec, président (PCF) de l'EPT. 
"Le gouvernement propose l'équité. Nous, nous voulons l'égalité, l'application du droit commun, ni plus ni moins", poursuit Azzedine Taïbi. "Il y a ici un policier pour 580 habitants ; et un pour 300 à Paris". "L'Etat n'assume plus son rôle protecteur. On est sans cesse en train de batailler pour préserver les services publics". Police, sécurité et éducation, ce sont, d'après les élus, les trois sujets où l'Etat recule en Seine-Saint-Denis. 
Le rapport parlementaire Cornut-Gentille (présenté le 5 février à l'Assemblée nationale) "confirme toutes nos analyses". "L'Etat tourne le dos aux quartiers populaires", poursuit Azzedine Taïbi. 

Les élus de la communauté d'agglomération de la Seine-Saint-Denis saluent les opérations de rénovation urbaine dont leur territoire a fait et fait encore l'objet, mais s'inquiètent de la situation sociale des habitants. Certes, "la Dotation de solidarité urbaine a augmenté", admet, par ailleurs, Patrick Braouezec, mais, dans le même temps, la Dotation globale de fonctionnement a d'autant plus baissé, souligne-t-il. Les crédits de la politique de la ville diminuent, ce qui casse la dynamique associative, s'inquiètent les maires. S'ils n’augmentent pas, il faudra toucher à la péréquation, ose espérer le président de l'EPT.
La procédure qui sera intentée contre l'Etat sera longue. Plaine Commune entend s’appuyer sur un comité d'experts "pour quantifier cette rupture d'égalité", bien qu'il soit difficile d'obtenir des chiffres fiables.