MixCity : huit profils-types d’habitant.e.s identifiés

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Le 9 février, Bouygues Construction a présenté, lors d’une de ses rencontres UrbanLab, les résultats de la dernière étude menée en partenariat avec sa filiale Linkcity. La multiplication d’études effectuées auprès des habitant.e.s doit permettre de prendre davantage en compte leurs besoins, ce qui témoigne du "passage d’une maîtrise d’ouvrage à une maîtrise d’usage", explique Virginie Alonzi, la directrice prospective.

La dernière d’entre elles, appelée "MixCity", a été confiée aux sociologues de l’urbain Alain Bourdin – professeur à l’EUP – et Pauline Silvestre – cofondatrice de l’Atelier PPLV. Elle consistait à établir des grands profils-types d’habitant.e.s, différents des classiques catégories socio-professionnelles, à travers leurs attentes vis-à-vis du logement et du quartier. L’étude s’est appuyée sur une enquête déjà menée en Suisse, puis s’est traduite par des enquêtes qualitatives à Paris, Lille et Marseille, et un sondage quantitatif dans plusieurs grandes villes françaises.

Les deux sociologues ont pu faire ressortir un "socle commun partagé par 70 % des habitant.e.s dans l’enquête quantitative", note Alain Bourdin. Parmi les caractéristiques du socle, l’intimité et l’autonomie sont prépondérantes. Le quartier, quant à lui, doit être protecteur, riche en espaces naturels et en ressources, comme des commerces. Cependant, la notion de collectif est peu présente chez ces 70 %, avec peu d’implication souhaitée dans la vie de quartier. Enfin, si les enquêté.e.s se disent favorables à la présence de commerces dans leur quartier, la présence de leurs lieux de loisirs et de travail dans ce même quartier est peu ou pas appréciée.

Afin de préciser davantage les différents profils rencontrés, les chercheurs ont regroupé en huit familles, perméables et non définitives, les personnes interrogées lors des enquêtes qualitatives, avant de vérifier leur proportion avec l’enquête quantitative. Une personne peut appartenir à plusieurs profils, et 10 % des sondé.e.s n’appartiennent à aucun d’entre eux. Résultats : 32 % sont "mainstream : leurs attentes correspondent aux tendances du moment" explique Pauline Silvestre. Viennent ensuite trois catégories à environ 15 % chacune : "les myway, dont le maître-mot est le choix et qui ne veulent pas adapter leur mode de vie au monde qui les entoure, les collaboratifs, les plus sensibles aux valeurs de partage, et les écoconscients, qui, sans être des fervents militants prêts à changer leur mode de vie, restent sensibles aux enjeux de développement durable". 13 % des sondé.e.s sont dits "tranquilles, les toujours contents qui s’adaptent", poursuit la docteure en urbanisme. Il existe deux plus petites catégories, les "exigeants" (10 %), qui ont un avis tranché sur tout, et les "technophiles" (6 %), dont le nom parle de lui-même. Toutefois, il existe également 24 % de "repliés", qui "vivent sous contraintes, n’ont pas le choix de leur logement et sont souvent modestes".

"Il reste à traduire cette étude dans un langage opérationnel", conclut Alain Bourdin, qui souhaite mettre en garde sur la différenciation des résultats entre les différents territoires, où il a pu percevoir "des différences culturelles significatives". Un livre sur cette étude, intitulé Du logement à la ville : ce que préfèrent les habitants paraîtra le 4 mars.

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